Prise de Chou

04 novembre 2016

Au fou !


Plus que quelques jours avant le scrutin... nos amis outratlantes pourraient bien péter la durite finale et envoyer à la Maison Blanche une face de potiron hurlante coiffée d'un écureuil albinos décédé.

Je me sens envahie d'une sourde inquiétude, sentiment diffus de catastrophe éminente, comme une mère qui confierait sa fille à la garde d'Emile Louis, une danseuse de flamenco en charentaises, un yaourt périmé au fond du frigo qui tremble dès que la porte s'ouvre.

Ca va pas, les gars ! Oh ! Vous allez pas nous faire ce coup-là !
Après vous viendrez pas pleurer d'avoir élu ce maboule. Et puis cette fois on vous enverra même pas un bon de réduction pour les Galeries Lafayette. Woualou !

Nonobstant, je me suis payé une bonne tranche de rigolade tout à l'heure dans le métro. Libération abordait le sujet en soulignant que des psychiatres classaient notre homme entre narcissique (au mieux) et sociopathe (au pire) mais que... s'il devait être élu, il serait loin d'être le premier barjot à fouler le doux tapis du bureau ovale.

Si nous avons eu en France des présidents bien secoués (Deschanel qui tombe du train en pleine nuit et qui erre pieds nus dans la campagne, c'est assez coquet!), les Zétazes, prompts à faire toujours plus grand, toujours plus fort, ont une belle brochette de chair à psy.

Théodore Roosevelt (1901-1909) : l'ours bipolaire !
Refuse de tuer un ours sans défense à la chasse mais n'aime rien mieux que la violence, verbale et physique. Un historien qualifie son mode de gouvernement « proche du fascisme ». Nice !

Woodrow Wilson (1913-1921) : Pète au casque.
N'a su lire qu'à 12 ans (dyslexie) et subit régulièrement des attaques cérébrales qui le laissent totalement angoissé et de plus en plus faible physiquement et intellectuellement. Finit son dernier mandat dans un état non répertorié sur le drapeau américain.

Calvin Coolidge (1923-1929) : l'apathique nerveux
Profondément dépressif, il ne « fonctionne » que 4 heures par jour. Sa femme se blesse, il se contente de la fixer sans lui porter secours, un tableau de la Maison Blanche lui semble trop lumineux, il prend un escabeau pour le couvrir de cendre, ses médecins le déclarent à juste titre « mentalement perturbé ».

John Fitzgerald Kennedy (1961-1963) : Breaking Bad
Image de la jeunesse qui pète la forme, JFK est en mauvaise santé et bourré de médocs qui influent grandement sur ses humeurs, sa sexualité, son sommeil... et sans doute sur sa façon de gouverner.

Je finis par le meilleur ! Le Top of the Poops, j'ai failli cracher mon Ricola Orange-Menthe dans le métro tellement je me suis fendue la gueule.

Lyndon B. Johnson (1963-1969) : Jumbo Jet.
Lyndon avait une passion dans sa vie : son sgeg ! Il le montrait dès qu'il en avait l'occasion et demandait qu'on l'admirât : « Vous avez déjà vu quelque chose d'aussi gros ? ». Les journalistes, les députés, tous étaient invités à s'extasier sur la bête qu'il avait surnommée Jumbo et qu'il faisait tourner sous leurs yeux (ébahis, affolés, outrés, honteux, gênés, on biffe les mentions inutiles).

Le Président faisait l'hélico avec sa bite devant tout le monde !!!!

Paraît aussi qu'il aimait bien déféquer la porte ouverte tout en discourant avec ses collaborateurs de l'état du monde et qu'il avait fait installer une douche spéciale dans sa saldeub avec un jet juste au niveau de l'entre-jambe, le Jumbo jet, en quelque sorte.

Franchement, les aminches, on fait pâle figure à vos côtés !

Mais méfiez-vous tout de même. Un type de couleur orange affublé d'un écureuil... je ne sais pas, je me méfierais...

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22 octobre 2016

Quand j'entends le mot culture, je sors mon parapluie

Hier, aux marches du Grand Palais, il y avait foule.

D'un côté, les visiteurs de la FIAC, dans un style très "Céline et Berluti vont à l'expo contempo".

De l'autre, la plèbe. Nous en étions, mon espousé et moi, curieux de découvrir l'expo Hergé. Mon espousé surtout car il est tintinophile. Il est phile de plein d'autres trucs, mais c'est assez privé comme information, vous me permettrez de rester discrète sur la question.

Parmi nous, des tas d'enfants, les yeux brillants d'impatience (dont une bonne partie avait l'air de s'en foutre, il faut l'avouer tout de même)

Ils ont du être déçus les pauvrets ! Ok, c'est de la BD, mais rien d'autre que des planches, des planches, des planches... on se serait cru à Deauville !

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L'après-midi, après avoir essuyé un grain qui nous trempa comme des phos viets, nous décidâmes d'aller mirer le dernier opus de Tim Burton. Miss Peregrine et les enfants machins-trucs.

Je pense que les pauvrets navrés de l'expo Hergé étaient le coeur de cible de cette interminable aventure un rien poussive qui ne réveilla pas en moi l'enfant qui dort (il a un sommeil de plombage).

miss-peregrines-home-for-peculiar-children-montageJe reste toutefois fascinée par la beauté d'Eva Green, l'intensité de son regard, sa plastique parfaite. Elle en est presque inquiétante.

Nous avons dans l'ouest des occupations tout aussi culturelles, mais plus locales, traditionnelles et artisanales.

 

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06 octobre 2016

Si, senior !

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Sous un ciel d'un bleu pur et par un froid de colvert - j'ai remis mes pompes fermées, ça y est l'été a clamsé, remarque comme on est en octobre, c'est un peu dans la norme - je suis allée tout à l'heure trottiner jusqu'à la Gare d'Asnières, pour acheter un aller simple pour Vannes, la ville de la West Coast jumelée avec Galéjade dans le sud-est et Coussin-Pet du côté de Toulouse.

Pas un poil de monde. Les deux préposés, de jeunes mecs à l'allure novice sans pour autant tomber du côté bonne soeur, s'emmerdent derrière leur guichet.

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Alors là, scoop... la vraie photo du guichet de la Gare d'Asnières, si c'est pas de la balle !

Avenante et souriante, je me propulse vers celui qui a moins le nez planté dans Candy Crush que l'autre, qui semble, lui, regarder les mouches avec peut-être le fantasme de se métempsychoser en caméléon et d'en choper une au vol au bout de sa langue élastique, dans une autre vie.

- Bonjour Monsieur, je voudrais un aller Paris-Vannes pour le mercredi 12.

- Octobre ?

- Euh, voui. Le mercredi 12 octobre.

- Aller-retour ? Première Classe ? Sens de la marche ? Couloir ou fenêtre ?

- Je voudrais surtout partir en fin d'après-midi, vers 17 ou 18 heures, enfin le moins cher, quoi.

- Ah. Bon y'a 17h et puis 18h, le 18h est vachement moins cher.

- On fera 18h, alors.

- Y'a des réductions ? Abonnements, carte Grand Voyageur, Senior, tout ça.

- Plus de 60 ans sans carte d'abonnement, aller simple, seconde classe, couloir, le sens de la marche je m'en fous. Voilà.

- OK ça marche. Si vous voulez, je mets le billet au nom du voyageur, comme ça pas besoin de composter, hop direct dans le train.

- Très bien.

Je décline mon identité, ma date de naissance. 

- Bon, ben voilà Madame, vous direz bien à la voyageuse qu'elle se munisse de sa carte d'identité, au cas où y'aurait un contrôleur qui zèle.

- Ben c'est moi, la voyageuse.

- Quoi, vous êtes senior ??? Putain, hé, Karim, la dame elle est senior !!!

- Non, tu déconnes ! Putain, les vieilles elles cachent bien leur jeu, maintenant !

J'ai pris mon billet, j'ai esquissé un sourire un peu narquois,  j'ai dit "Merci Messieurs" et suis retournée faire des chapeaux dans mon chez-moi.

Je suis contente, j'en ai fait des beaux, et puis j'en ai raté deux aussi.

Mi-figue, mi-raisin.

 

tatie_danielle

 

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27 septembre 2016

Gauche

Alors voilà Docteur, je suis de gauche !

Ouh la la la vilaine ! Elle craint du boudin ! Ouh la la la conne ! Elle doit manger du quinoa (non, j'aime pas ça), elle a voté Hollande le Flamby tout mou qui a tout foiré son quinquennat, voire son quinquina tellement qu'il est nullard (oui, j'ai voté Hollande et je ne suis pas très satisfaite de ce qu'il a produit, mais nonobstant je te crotte le poupou, toi qui vote à droite), elle va voter quoi l'an prochain, la bobo parisienne qui bouffe du quinoa (punaise, je t'ai déjà dit que j'aime pas ça !)

Allez hop, je me dédouble ! Je joue un rôle, et ce rôle m'amuse et peut peut-être...

SAUVER LA FRANCE !!!!

Elle va voter pour les primaires de droite.

Elle va y aller, déguisée avec le serre-tête en velours, le petit tailleur discret mais chic, elle va cracher deux euros au bassinet, va signer, souriante, la charte de comme quoi elle est de droite et qu'elle adhère aux "valeurs" d'icelle. Elle serrera la pince à  tous les politicards qu'elle croisera. Si elle est en forme, elle fera même un petit happening charmant avec les élus du coins (tous de droite) qui ne manqueront pas d'être présents lors de ces primaires dans le 92, le fief de Nico le Sauveur. Elle jouera la fan de base, la regretteuse d'hier quand le surhomme de petite taille était aux affaires. Elle sortira de son sac à main (un Hermès made in China) un petit mouchoir pour marquer l'émotion.

Elle votera Juppé.

Elle est de gauche, en même temps. On ne peut se fier à ces gens-là !

superdupont-we-need-you

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26 septembre 2016

Pépouze ta life de vioque sur Facebook !

Une fois par semaine environ, je reçois une demande "d'ami" de la part d'un homme dans la cinquantaine, plutôt pas mal de sa personne. Différent à chaque fois, avec un nom bien franchouillard, mais qui habite à l'étranger, en Suède, en Belgique, en Italie... à chaque fois, il est veuf, a des enfants mais pas d'amis Facebook (le pauvre !), il est toujours "à son compte", et je ne le connais ni des lèvres ni des dents.
Mais alors, me direz-vous, qui sont ces jolis messieurs qui cherchent ma compagnie ?
Certains pêchent la morue, eux pêchent la vieille. J'ai 60 ans, je suis donc seule et désolée dans ma chemise de nuit en pilou-pilou, bien qu'ayant certainement un peu de pèze sous mon matelas.
Jean-Marc Dugommier va s'occuper de mon cas. Il va me flatter, me dire combien je suis la princesse qu'il attendait et pourra soigner ses blessures. Ses paroles sucrées seront un baume sur mes vergetures !
Jean-Paul Bonneau me soutirera mon numéro de téléphone, ou mon mail et m'inondera de poésie à 3 balles. Son romantisme sera un tapis de roses sous mes bas de contention.
Denis Dunan se mettra virtuellement à mes genoux pour me déclarer une flamme immarcescible. Une cure divine pour ma ptose mammaire et ma sècheresse vaginale.
Et puis un jour Jean-Paul-Marc-Denis m'appellera en urgence, il sera coincé au Congo ou en Papouasie Nouvelle Guinée et il me suppliera de lui sauver la vie en envoyant un mandat.
Alors mon chéri, je te préviens tout de suite, malgré ma ptose, ma sècheresse, mes bas, mes vergetures et mon grand âge, il me reste encore quelques neurones.
Je te conseille amicalement d'aller de faire sodomiser dans une usine de gravier.
Cordialement
La vieille

artoff7584

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08 septembre 2016

La Table Poulpe - PIECES JOINTES - La Salle à Manger

 

Colas est sous la vieille table de la salle à manger. Il joue avec ses petites voitures.

De tout l'appartement, c'est l'endroit qu'il préfère.

La table a un gros pied central, chantourné et compliqué, qui repose au sol sur 4 épaisses tentacules de bois sombre qui assurent la stabilité de l'ensemble.

Aujourd'hui, c'est encore mieux ! Maman a couvert la table poulpe d'une nappe bien grande, toute blanche, qui sent bon la lessive.

Colas est le roi de sa cabane. Il n'aperçoit de l'extérieur que le bas des meubles du salon, les ballerines et les mollets de sa mère, quand elle passe. Il les trouve très belles, les ballerines, elles sont rouges et brillantes comme les pommes d'amour de la fête foraine, l'autre fois.

Il entend de la cuisine des bruits de vaisselle et la radio, qui chante et raconte des choses qu'il ne comprend pas ; sa mère qui fredonne doucement sur les airs qui passent.

Colas a garé quatre petites voitures au pied de la table poulpe, une entre chaque tentacule.

Il les sort tour à tour et leur fait suivre des circuits alambiqués sur les arabesques élimées du tapis que Mamy a donné.

Parfois, il leur fait faire la course. Une voiture dans chaque main, il rampe autour du pilier poulpe, il speede à s'en user les genoux, en imitant, les lèvres humides et vibrantes, le bruit des moteurs « Vrrrrrrr.... Vrrrrrr... »

C'est la voiture rouge qu'il préfère, parce que Maman l'a achetée seulement la semaine dernière et qu'il a fallu qu'il traîne les pieds, et qu'il soupire, et qu'il fasse de grands yeux tristes très longtemps en passant devant la vitrine du bazar avant que Maman cède enfin.

Et puis aussi parce qu'elle est rouge, comme des ballerines ou des pommes d'amour.

Colas somnole un peu. Il est assis près du pied poulpe et suce son pouce en tortillant une mèche de ses cheveux, juste derrière l'oreille. Il est bien.

Tout à l'heure, il va goûter et Maman lui épluchera une orange, en enlevant même la toute petite peau toute fine, et elle mettra du sucre dessus. Colas adore ça, même si les doigts sont tout collants après et qu'il faut les laver avec le pschitt à mains, dans la salle de bains.

La porte d'entrée du petit appartement s'ouvre brutalement.

Colas sort de sa confortable torpeur.

Les grosses chaussures de Papa pénètrent dans son champ de vision.

 Le trousseau de clefs est jeté sur la table, le choc résonne jusque dans le cœur du bois.

Fut un temps où Colas serait vite sorti de sa cabane et hop ! Dans les bras de son père.

Il est costaud, très, il lui aurait fait faire l'avion, l'aurait propulsé dans les airs et rattrapé dans un grand rire.

Mais depuis un moment, Colas ne sait dire combien de temps, mais il trouve ça très long, Papa est en colère. Plus d'avion ni de fusée vers le plafond. Papa n'éclate plus de rire, mais il explose de rage pour un rien.

Alors Colas reste à l'abri de la table poulpe.

Les ballerines rouges de Maman apparaissent, légères et hésitantes et s'arrêtent, fragiles, devant les Caterpillar de Papa, bien campées sur le tapis de Mamy.

Colas le sent, dans tout son corps. Ca va commencer.

Alors, sans prendre garde à la voiture rouge, qu'il écrase sous son poids, il prend le pied poulpe à bras le corps, noue ses petites jambes autour, s'agrippe à lui comme au mât d'un bateau dans la tempête.

Il ferme les yeux fort, à en voir des étoiles, et quand les cris deviennent insupportables, il bouche ses oreilles du plat de ses paumes, le front collé contre le pied de table. Il psalmodie des « Mmmmmmm... » pour couvrir les bruits dans sa tête.

Il ne sait pas combien ça dure. Longtemps. Il est presque en transe, enfermé dans la carapace de ses paupières closes, de ses paumes tétanisées, de son « Mmmmmm... » qui ne s'arrête pas.

Et puis la porte de l'entrée claque. C'est fini.

Colas, tremblant, décolle lentement les mains de ses oreilles et ouvre les yeux.
Il voit d'abord une ballerine, seule, vide, qui a roulé jusqu'à la frontière de sa cachette.

Pas loin, le pied nu de sa mère qui gît, les yeux clos, dans une petite mare épaisse et lente qui s'étale doucement, rouge comme la petite voiture, les ballerines et les pommes d'amour à la fête foraine, l'autre fois.

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Ange - PIECES JOINTES - Le couloir

Ils m'ont collé dans une piaule au fond, tout au bout du couloir.

Bande d'enfoirés !

Vu le temps que j'ai passé à l'ombre, ils auraient pu me trouver une turne un peu plus choucarde, avec vue sur la mer.

Je demandais pas la terrasse, hein, mais un petit balcon m'aurait suffi, histoire de boire mon kawa dans un transat, les doigts de pieds en éventail, le matin, au soleil...

Le soir j'aurais invité deux trois potos à taper le carton et prendre l'apéro. On se serait raconté des blagues à la con sur les gonzesses et les poulagas, des souvenirs de casses et d'entourloupes, on se serait bien marrés en regardant le coucher de soleil sur la baie.

Ben non. Je me tape ce putain de couloir plusieurs fois par jour. Merde, j'ai l'impression de vivre dans ce couloir !

Marie-Agnès vient même plus me voir ! Un prénom de sainte et une âme de pute.

C'est pas comme si on m'avait pas prévenu. « Ange, tu fais une connerie, la môme elle en veut qu'à ton fric, elle a quand même 30 balais de moins que toi, c'est pas pour ton gros bide et tes poils dans le dos qu'elle te fait du rentre-dedans ! ». Sur le moment, ça m'avait vexé.

Mais je suis pas le dernier des glands quand même, alors oui, je l'ai épousée, comme j'aurais acheté une bagnole de luxe. Comme on se paye un brin de printemps.

Dédé le Chiftir m'a dit « Un brin de printemps ? Au prix qu'elle te coûte t'aurais pu te payer aussi les Galeries Lafayette ! ».

Quel connard ce Chiftir ! C'est mon meilleur pote.

Bon, c'est pas trop tôt, j'arrive au bout du couloir... enfin !

Tiens, ils ont laissé la lumière allumée dans ma chambre.

 

Var Matin – 3 juin 2004

Ange Simoni, 76 ans, figure bien connue de la pègre locale, s'est éteint ce matin à 10h30 dans sa chambre de l'Hôpital Notre Dame. Il y était soigné suite à un AVC qui l'avait plongé dans un coma dont il ne s'est pas réveillé.

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07 septembre 2016

Aspire, expire - PIECES JOINTES - L'entrée

Oh non ! Non, c'est pas possible !

Qu'est-ce que... vite, l'aspirateur. Faut pas qu'il voie ça !

Il le range où, l'aspirateur ?

Maman, au secours, il le range où ?

Dans la cuisine. Dans le cagibi de la cuisine. Oui, dans le cagibi.

Bouge pas Maman, je reviens tout de suite. Pardon Maman, bouge pas.

Bon sang, j'ai les mains qui tremblent.

Panique pas, respire, arrête de pleurer, t'as une morve qui te coule du nez, essuie-la. Et puis surtout arrête de trembler.

Tu as fait une connerie, répare.

Faut pas qu'il sache, faut pas qu'il se doute, c'est déjà assez dur pour lui.

Pas aujourd'hui. Jamais.

Il est lourd ce putain d'aspirateur.

Non... y'a pas de prise dans l'entrée ! Maman, y'a pas de prise !

Ah oui, dans le couloir.

Bouge pas Maman !

Oh, y'en a partout.

Je suis tellement maladroite. J'ai trébuché sur le tapis de l'entrée et le truc est tombé, et...

Tu as raison, Maman, j'ai deux mains gauches, je suis bonne à rien.

Ca date pas d'aujourd'hui. Je m'excuse, Maman.

Oui, je sais, on dit « Excuse-moi » et pas « Je m'excuse ». Alors excuse-moi, Maman.

Oh non, j'en ai bien renversé la moitié.

Il fait un boucan, cet aspirateur.

S'il arrive là, il va me prendre pour une dingue de faire le ménage maintenant, aujourd'hui, ou alors il va comprendre.

J'entends la voiture.

Je te mets dans le salon, Maman.

Vite, ranger l'aspirateur.

–    Lorraine, tu es là ?

–    Oui, j'arrive Papa, j'arrive !

–    Où as-tu mis l'urne de ta mère ?

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20 avril 2016

Déménagement...

C'est là !

http://zisiznot.free.fr/

 

 

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12 mars 2016

POST SCRIPTUM

Il me faut tout de même enterrer dignement ce blog, et expliquer un peu l'histoire.
J'ai ouvert "Prise de Chou" début 2008.

Je sortais d'une relation épistolaire intense et quotidienne qui s'est interrompue brusquement.
Je me suis retrouvée avec un chagrin et trop de mots... ça débordait de partout, et personne à l'époque avec qui partager ce flot.

"T'as qu'à ouvrir un blog !", m'a dit ma fille.

J'étais si niaise que j'ignorais à l'époque ce qu'était un blog. Je pensais à des pétasses qui comparent des rouges à lèvres et des crèmes anti-capiton. J'ai vu plus tard qu'un blog, c'est souvent des pétasses qui comparent des rouges à lèvres et des crèmes anti-capiton, mais pas que.

Je me suis inscrite sur Skyblog. J'insiste sur mon innocence, voire ma connerie à l'époque. Navigant alentours, je me suis vite rendue compte que ce pays n'était pas mon pays mais l'enfer du boutonneux masturbatoire qui écoute du rap pourri en tirant d'une main sur un oinj et de l'autre sur sa nouille. Adios, Skyblog.

Je me suis dit "T'es une gonzesse, va voir chez Marie-Claire !". J'ai tenu une semaine dans un bain de recettes de cuisine, de crèmes anti-capiton (encore elles), de victimes manucurées qui se cassent un ongle en griffant le visage du goujat qui a deviné leur âge du premier coup. Adios Marie-Claire.

J'ai un peu réfléchi avec mes 3 neurones, et décidé unilatéralement de prendre un site généraliste.

Le généraliste, c'est le bien, comme le médecin. Ca te traite le bouton d'acné comme la ménopause, le capiton mesquin comme le flan de courgettes à l'ancienne, la constipation comme le bleu à l'âme, l'extrême droite comme l'extrême onction.

Overblog, le nom de l'hébergeur. J'y ai balancé mes mots de trop, ça soulageait et faisait oublier le manque. J'ai navigué, rencontré des personnes touchantes, très différentes de moi, mais (ou donc) très touchantes. Au fil du temps, certaines ont disparu, mais j'ai encore le souvenir d'une certaine Lilith très à la masse, d'une infirmière de La Rochelle amoureuse d'un marin qui avait dans sa salle à manger le trophée d'un sanglier coiffé d'un chapeau gitan, d'une Peste virulente et hilarante, d'une très jeune femme "Zeste de Citron" - douce et rieuse. Ca c'était les débuts.
Une sorte de petite coterie, je n'irais pas jusqu'à communauté, s'était créée. Puis elle s'est délitée, laissant place à une autre.

Rédactrice quotidienne dans cette nouvelle "pelure d'oignon" : Maman Célib. Une jeune femme divorcée avec enfant, cherchant bien évidemment un nouvel amour et un nouveau départ. Intelligente, cultivée, et très ordonnée. Ses posts étaient toujours structurés de la même façon - mais j'ai bien peur de ne plus me souvenir de son style. Un jour, houpette tétine nuit, elle pond un article sur le fait que l'amitié entre un homme et une femme est chose impossible. Commente un garçon, pseudonymé Macaron qui dit que nenni, une fois la question sexuelle réglée. Comme j'abonde totalement dans le sens du Macaron en question, je suis le lien et arrive sur le blog d'icelui.

Et BING PAF ! Moi qui ne cherchais rien en ces lieux que de déverser des tombereaux de prose, je tombe sur le mec plus ultra. Le plus beau du monde dans sa catégorie. Et pas con, et sensible, et qui fait des vannes très mauvaises mais très drôles, à l'évidence un cavaleur de première, mais qu'est-ce que j'en ai à faire ? Nous commençons un dialogue, ou plus exactement un forum. Il y a d'autres participants et le net frétille de bons mots, de confidences, de photos... c'est l'époque de Blanche, de Philémon, de Micdevil, de Catounouche, de Charles Hédiard, pas encore celle de Solange, de Corine, d'Hélène et de Personne, mais presque.

Un soir d'octobre 2008, le breton monte à la capitale et nous dînons ensemble chez Papa, rue Froidevaux, Paris 14ème avec une petite troupe de blogueurs, et... ce n'est pas le coup de foudre, mais...

Ennuyée par mon train-train et décidée à foutre un grand coup de pied dans la fourmillière endormie de mon quotidien, je m'invite à l'anniversaire du garçon un mois plus tard.

Bref, avec PRISE DE CHOU, j'ai rencontré l'homme du reste de ma vie.

C'était pas le but, mais c'est un joli résultat.

J'oublie des gens, j'oublie des évènements, j'oublie... mais ce fut une jolie aventure.

Je n'ai plus de mots en trop à déverser. J'ai encore à dire et à écrire, par bouffées (oui, délirantes, oui...). Je le ferai ailleurs et je tenterai de faire savoir à ceux que ça intéresse où cela se passe.

Je vous embrasse tous et toutes. Prenez soin de vous !

Danielle

 

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