Je ne vous laisserai pas dans une angoissante incertitude quant à la signification intrinsèque de mes gribouillages...

J'ai mes gagnantes, de toute façon, Hélène et Tanagra (mais qui t'es, toi ;o)

Hélène gagne, au choix, un sacatarte version luxe ou un chapeau maison.

Tanagra Métékitoi gagne un sacatarte plus modeste, mais d'une belle beauté toutefois.

Résultat, donc.

Le premier grib était un camembert, et qui dit camembert, dit Président, Lanquetot ou...

 

camembert-lepetit

Lepetit

Le second crobard, très interlope, présentait une bonne

 

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Qui, si l'on prend en compte la pilosité inhabituelle et l'énorme paire de bacchantes, était un homme.

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Donc : bonne, homme

Ensuite, fastoche que tout le monde a trouvé :

gateau-anniversaire-1-an

An

Et la fin que tout le monde a trouvée aussi, bande de soiffards !

bière

Mousse.

LE PETIT BONHOMME EN MOUSSE

Bravo Hélène, bravo Tanagra (sur la patate ? ),  j'attends vos coordonnées et je balance la sauce.

Autrement, j'ai regardé l'ouverture du Festival de Cannes. Dans le jury, Noami Kawase... dans une robe totalement transparente qu'on voyait son petibato ! Mais bien que je n'aie pas suivi sa carrière, je me souviens encore du choc que deux de ses films m'avaient filé. C'était au temps où je pêchais le Raoul. Celui-ci était très spécial... Escalator !

 

Rendez-vous au Jeu de Paume – 17h30

 

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Invitation à la projection d’un film de Noami Kawase. Je ne connais pas cette réalisatrice, du coup, je vais la connaître. C’est logique et imparable.

 

Raoul arrive, plutôt petit, brun et un peu d’embonpoint, mais un grand sourire, et une franche poignée de main. Il me scrute le fond de l’œil avec attention, comme s’il essayait de déceler la première impression que j’ai de lui, ou peut-être lit-il les codes de cartes bleues à même la cornée.

 

Enfin ça change, la plupart évaluent uniquement votre profondeur de bonnet ou l’épaisseur de la couche de gras qui vous couvre le postérieur.

 

Pas le temps d’échanger plus de trois mots, la séance commence.

 

Le film est dur, cru, épuisant mais magnifique. Kawase filme l’agonie d’un homme à l’hôpital jour après jour. C’est lent, douloureux, tragique et beau. Le moindre reflet sur la fenêtre, la moindre parole soufflée, pèse. Je suis fascinée, sans avoir l’impression d’être « une voyeuse », ça va beaucoup plus loin, plus profond.

 

Je jette un coup d’oeil vers Raoul, pour vérifier s’il partage mon émotion, et je m’aperçois qu’il ne regarde pas le film. Il me regarde regarder le film.

 

Qu’est-ce qu’il veut ? Voir comment je réagis, faire l’état des lieux, ou lit-il les codes de cartes bleues encore plus clairement dans les oreilles ?

 

-         Tu as déjà vu le film ?

 

-         Non.

 

-         Ah, et bien tu devrais y jeter un œil, c’est du brutal !

 

Je replonge dans la pellicule. Après tout, il peut me zieuter tant qu’il veut, c’est gratos. Et moi je ne veux pas me laisser parasiter.

 

Quelques minutes plus tard, je crois déceler un bruit étrange dans la bande sonore. Un sifflement incongru, des micro-borborygmes sans rapport avec l’image. Un souci dans la salle de projo ?
Je me tourne vers Raoul pour lui faire part de mes interrogations.

 

C’est lui l’incongru.

 

Il dort, il roupane sévère. La bouche ouverte, le menton pendouillant sur la poitrine, il bloblotte du tarin et un charmant filet de bave dégouline jusqu’à son veston. Délicieux. Bon, je n’ai plus à m’en faire pour ma carte bleue, c’est déjà ça.

 

Peut-être mon profil droit est-il un puissant narcoleptique. Faudra étudier la question, je pourrais me faire pas mal de blé avec ça…

 

Quand le film s’achève, quelques applaudissements retentissent, qui réveillent mon Raoul aussi sec. J’ai la larme à l’œil, et aucune envie de polémiquer sur son roupillon. Juste envie de sortir dans la lumière et de sentir qu’il y a encore de la vie en moi. Cette Kawase m’a bouleversée.

 

Il fait soleil, je respire à pleins poumons l’air pur de la Place de la Concorde.

 

-         On va boire un pot ?

 

-         Oui, si tu veux.

 

Raoul a retrouvé de sa superbe. Il disserte sur le cinéma japonais, gesticule, éclate de rires sonores, exécute des séries de pas chassés ébouriffants…

 

Nous nous installons à une terrasse.

 

-         Qu’est-ce que tu prends ?

 

-         Une bière. Et toi ?

 

-         Pareil. Comme toi. Pareil. La même.

 

-         Ca t’ennuie si je fume ?

 

-         Ah ! Tu fumes ?

 

-         Oui, mais si ça te dérange…

 

-         Non. J’ai jamais fumé, mais je vais essayer. Donne-moi une cigarette.

 

-         C’est ballot Raoul, si tu peux éviter… C’est une telle galère pour arrêter.

 

-         Non, mais je veux être en communion avec toi, ressentir ce que tu ressens, c’est important, non ?

 

-         Euh, oui. Enfin…

 

Moi je veux bien, mais ça peut mener loin cette affaire. Heureusement que je n’ai pas de rage de dents, sinon, je le sentirais prêt à se suicider une molaire.

 

C’est un specimen rare, celui-là. Complètement décalé, ce qui n’est pas pour me déplaire, mais faut un GPS dernier modèle pour ne pas le perdre en chemin.

 

Tout en me scrutant la cornée et en crapotant comme un têtard asthmatique, Raoul se raconte. Son engagement altermondialiste, son boulot d’animateur chef dans une MJC de lointaine banlieue, son blog militant, son fils qu’il voit peu, son amour du cinéma et de la poésie, de la nature.
Touchant, complètement barré.

 

Il me raccompagne au métro. Je promets de le revoir après le week-end que je dois passer dans le Cantal avec une bande de fous volants sans leurs drôles de machines, puisqu’ils sont tous rangés des avions. Des ex-Air France.

 

Ah, il me crie quelque chose.

 

-         Prends pas l’escalator, prends jamais l’escalator, c’est très mauvais ! Je t’en supplie. Prends pas l’escalator !

 

Vla aut’chose…

 

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J’ai reçu pendant le week-end une foison de textos, plus délirants les uns que les autres. Le dernier a signé l’arrêt d’autoroute de Raoul.

 

 

 

« Il est 6h du matin, il fait très froid. Je suis nu sur la plage et je lis des poèmes au jour qui se lève. Bientôt, nous pourrons déclamer ainsi ensemble »

 

 

 

Ca va pas, non ?

 

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